🌿 Contexte

Après avoir présenté les différents types de korbanot (offrandes sacrificielles) — Olah (holocauste), Minḥa (offrande de farine), Shelamim (sacrifice de paix), Ḥatat (sacrifice pour la faute) et Asham (sacrifice de culpabilité) — la Torah entre dans les détails pratiques : qui mange quoi, où et quand ?

Ces lois sont essentielles parce qu’elles définissent la sainteté de la viande sacrificielle : certaines parts sont réservées aux Cohanim (prêtres), certaines doivent être mangées à l’intérieur d’un espace sacré et dans un délai précis, et certaines ne peuvent pas être mangées du tout.

L’idée centrale est la suivante : le korban n’est pas seulement un geste rituel abstrait, c’est une rencontre entre l’humain et le divin, jusque dans l’acte de manger.

📖 Texte source : Vayikra (Lévitique 7:1–6)

Translittération selon la prononciation séfarade standard. Objectif : permettre la lecture hébraïque à voix haute même sans savoir encore déchiffrer l’alphabet.
וְזֹאת תּוֹרַת הָאָשָׁם קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא׃
Vezot torat ha-asham, kodesh kadashim hou.
« Voici la loi du sacrifice de culpabilité : c’est une sainteté suprême (kodesh kadashim). »
בִּמְקוֹם אֲשֶׁר יִשְׁחֲטוּ אֶת הָעֹלָה יִשְׁחֲטוּ אֶת הָאָשָׁם וְאֶת דָּמוֹ יִזְרֹק עַל הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃
Bimkom asher yishḥatu et ha-olah, yishḥatu et ha-asham, ve-et damo yizrok al ha-mizbeaḥ saviv.
« À l’endroit où l’holocauste est abattu, on abattra aussi le sacrifice de culpabilité, et l’on en aspergera le sang autour de l’autel. »
וְאֵת כָּל חֶלְבּוֹ יַקְרִיב מִמֶּנּוּ אֶת הָאַלְיָה וְאֶת הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת הַקֶּרֶב׃
Ve-et kol ḥelbo yakriv mimennu, et ha-alyah ve-et ha-ḥelev ha-mechasse et ha-qerev.
« On en présentera toute la graisse : la queue grasse, et la graisse qui couvre les entrailles. »
וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיוֹת וְאֶת הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵיהֶן אֲשֶׁר עַל הַכְּסָלִים וְאֶת הַיֹּתֶרֶת עַל הַכָּבֵד עַל הַכְּלָיוֹת יְסִירֶנָּה׃
Ve-et shtei ha-kelayot ve-et ha-ḥelev asher aleyhen, asher al ha-kesalim, ve-et ha-yoteret al ha-kaved, al ha-kelayot yessirena.
« Les deux reins et la graisse qui les entoure, celle qui est sur les flancs, ainsi que le lobe du foie qu’on détachera près des reins. »
וְהִקְטִיר אֹתָם הַכֹּהֵן הַמִּזְבֵּחָה אִשֶּׁה לַה׳ אָשָׁם הוּא׃
Ve-hiktir otam ha-kohen ha-mizbeaḥa, isheh la-HaShem; asham hou.
« Le prêtre les fera fumer sur l’autel, en offrande consumée pour l’Éternel : c’est un sacrifice de culpabilité. »
כָּל זָכָר בַּכֹּהֲנִים יֹאכְלֶנּוּ בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ יֵאָכֵל קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא׃
Kol zakhar ba-kohanim yokhlenou; be-makom kadosh ye’akhel, kodesh kadashim hou.
« Tout mâle parmi les prêtres en mangera ; il sera mangé dans un lieu saint. C’est une sainteté suprême. »

❓ Questions (type examen)

  1. Que signifie l’expression kodesh kadashim (« sainteté suprême ») ?
  2. Qui a le droit de manger ce korban et où doit-il être mangé ?
  3. Pourquoi la Torah insiste-t-elle autant sur la graisse (ḥelev) ?
  4. Quelle différence y a-t-il entre ce korban et le Shelamim (sacrifice de paix) concernant la consommation ?
  5. Pourquoi le texte insiste sur le fait que le sang est aspergé « autour de l’autel » ?
  6. En quoi le fait de manger la viande devient un acte de service divin, et pas juste un repas ?

✨ Réponses / Sources

  1. Kodesh kadashim = niveau de sainteté le plus élevé. Cela signifie que la viande ne peut pas être consommée librement : elle est régie par des lois strictes (lieu, personnes autorisées, temps).
  2. Seuls les Cohanim mâles (prêtres) peuvent la manger, et uniquement dans un lieu saint (dans l’enceinte sacrée). → La consommation elle-même devient une Avodat HaShem, un service divin.
  3. La graisse intérieure (ḥelev) est considérée comme relevant de l’autel, pas de l’homme. Elle doit être brûlée pour Dieu. Rachi explique que certaines parties de l’animal sont symboliquement « réservées » au Ciel.
  4. Dans le Shelamim, l’offrant lui-même (l’israélite) mange une partie de la viande dans la joie → repas de paix, de gratitude. Ici, dans l’Asham / Ḥatat, seule la caste sacerdotale consomme → c’est plus judiciaire, plus réparateur que festif.
  5. Le sang appartient à l’autel, pas à l’homme. Asperger le sang autour de l’autel représente le transfert symbolique de la vie devant Dieu. C’est une purification : on rétablit l’ordre spirituel.
  6. Dans cette parasha, manger devient un acte liturgique. Les Cohanim ne « se servent pas », ils accomplissent une fonction sacrée : ils portent la faute du peuple et la transforment en réparation.
👉 Les lois de consommation des korbanot nous apprennent que la sainteté n’est pas abstraite. Elle passe par des gestes très concrets : où tu manges, qui mange, quand tu manges, et dans quel esprit.

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