🌿 Contexte
Dans le même chapitre que Kedoshim Tihiyou (« Vous serez saints »), la Torah formule un principe central :
l’amour de l’autre. Ce verset est appelé par Rabbi Akiva « klal gadol baTorah »,
c’est-à-dire : le grand principe de toute la Torah.
Ici, la sainteté cesse d’être abstraite.
Elle devient relationnelle : comment je traite l’autre, c’est comment je sers Dieu.
📖 Texte source : Vayikra (Lévitique 19:18)
Translittération séfarade standard – mot à mot.
לֹא־תִקֹּם וְלֹא־תִטֹּר אֶת־בְּנֵי עַמֶּךָ, וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ, אֲנִי ה׳.
Lo tikom ve-lo titor et-bnei amekha,
ve’ahavta leRe’akha kamokha – Ani Adonai.
« Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas rancune aux enfants de ton peuple.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel. »
🕎 Symbolique spirituelle
Remarque l’ordre du verset :
avant de dire « aime », la Torah dit « ne te venge pas », « ne garde pas rancune ».
Autrement dit :
l’amour n’est pas seulement un sentiment positif, c’est l’absence active de haine et de revanche.
« Ce qui t’est odieux, ne le fais pas à ton prochain.
Voilà toute la Torah ; le reste n’est que commentaire. »
— Rabbi Hillel (Talmud Bavli, Shabbat 31a)
Aimer ton prochain comme toi-même ≠ “aimer tout le monde pareil sans limite”.
C’est vivre avec l’autre comme avec toi-même : ne pas humilier, ne pas abuser, ne pas exploiter.
🕊️ Perspective contemporaine
Dans notre monde, ce verset demande :
comment parler à l’autre sur WhatsApp, en famille, au travail ?
Comment réagir quand on se sent offensé ? Comment gérer la colère ?
La Torah ne nous demande pas d’aimer tout le monde d’un amour émotionnel immédiat.
Elle demande de traiter chacun comme porteur d’une dignité infinie.
C’est révolutionnaire : la valeur de l’autre ne dépend pas de ce qu’il “mérite”,
mais du fait qu’il est création de Dieu.
❓ Questions (type examen)
- Que signifie l’expression « ve’ahavta leRe’akha kamokha » ?
- Pourquoi la Torah relie “aimer son prochain” à l’interdiction de se venger ?
- Pourquoi la fin du verset dit-elle « Ani Hachem » / « Je suis l’Éternel » ?
- Comment Rabbi Akiva comprend-il ce verset ?
- Comment appliquer ce principe dans la vie quotidienne ?
✨ Réponses / Sources
- « Ve’ahavta leRe’akha kamokha » signifie : traite ton prochain avec le même souci, la même considération et la même protection que tu as pour toi-même.
- Parce que l’amour vrai ne cohabite pas avec la vengeance ni la rancune. Tant que je suis prisonnier de “il m’a fait, je lui rendrai”, je ne peux pas aimer.
- « Ani Hachem » rappelle que cet amour n’est pas seulement social, c’est une mitsva divine : respecter l’autre, c’est respecter Dieu.
- Rabbi Akiva enseigne que ce verset est le grand principe de la Torah : toute la Torah vise, au fond, à créer une société juste et aimante.
- En refusant d’humilier. En refusant de rendre le mal pour le mal. En choisissant de réparer plutôt que d’écraser.
👉 « Aimer ton prochain » = construire un monde où la dignité de l’autre est inviolable.
La Torah transforme l’amour en mission : protéger l’autre comme on se protège soi-même.
🧠 Révision flash
- Q : Quel est le “grand principe de la Torah” selon Rabbi Akiva ?
→ R : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
- Q : Que veut dire “ne pas se venger” ?
→ R : Rompre le cycle du “tu m’as fait, je te ferai”.
- Q : Pourquoi “Ani Hachem” à la fin du verset ?
→ R : Parce que respecter l’autre, c’est répondre devant Dieu.
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