Après les années de désert, Moïse met en garde Israël contre l’oubli : lorsque le peuple connaîtra la prospérité et la stabilité, il risque d’oublier Celui qui lui a donné la force de réussir. Le souvenir n’est pas ici une nostalgie, mais un acte moral : se rappeler pour rester fidèle, reconnaissant et humble.
וְזָכַרְתָּ אֶת־ה' אֱלֹהֶיךָ כִּי הוּא הַנֹּתֵן לְךָ כֹּחַ לַעֲשׂוֹת חָיִל
לְמַעַן הָקִים אֶת־בְּרִיתוֹ אֲשֶׁר נִשְׁבַּע לַאֲבֹתֶיךָ כַּיּוֹם הַזֶּה׃
Ve-zakharta et Adonai Elohekha, ki Hu hanoten lekha koah la’asot ḥayil, lema’an hakim et berito asher nishba la’avotekha kayom hazeh.
« Souviens-toi du Seigneur ton Dieu, car c’est Lui qui te donne la force de réussir, afin de confirmer l’alliance jurée à tes pères, comme en ce jour. »
La mémoire spirituelle est une forme de vigilance intérieure. L’oubli du bien reçu conduit à l’orgueil et à l’illusion d’autonomie. Le souvenir, au contraire, relie la réussite à la gratitude et à la continuité de l’alliance.
Dans la tradition juive, le mot zakhór (« souviens-toi ») est central : il traverse le Shabbat, la sortie d’Égypte, Amalek, et la manne — autant de rappels que la vie spirituelle repose sur la mémoire du bien et la reconnaissance de sa source.