Dans le système juridique de la Torah, la justice n’est pas seulement rétributive : elle est aussi **réparatrice**. Celui qui cause la mort involontaire d’un autre peut se réfugier dans une ville spéciale, une **‘Ir Miklat** (ville-refuge), afin d’échapper à la vengeance et de trouver le temps du repentir. C’est une profonde leçon sur la **valeur de la vie humaine**, même dans la faute.
תָּכִין לְךָ הַדֶּרֶךְ וְשִׁלַּשְׁתָּ אֶת־גְּבוּל אַרְצְךָ
אֲשֶׁר יַנְחִילְךָ ה' אֱלֹהֶיךָ
וְהָיָה לָנֻס שָׁמָּה כָּל־רֹצֵחַ׃
וְזֶה דְּבַר הָרֹצֵחַ אֲשֶׁר יָנוּס שָׁמָּה וָחָי׃
Takhin lekha haderekh, veshilashta et gevul artzekha, asher yanhilkha Adonai Elohekha, vehaya lanus shama kol rotseakh; vezeh devar harotseakh asher yanus shama, vahai.
« Tu prépareras la route et tu diviseras le territoire de ton pays en trois parties, afin que tout meurtrier puisse s’y réfugier. Voici la loi du meurtrier qui s’y réfugie pour avoir la vie. »
La Torah ne cherche pas à effacer la faute, mais à **humaniser la justice**. Le meurtrier involontaire n’est pas libre, mais il n’est pas condamné à mort : il doit se retirer, réfléchir et se transformer. La société, quant à elle, doit garantir sa protection. Cette approche équilibrée révèle un Dieu à la fois juste et compatissant.
La ville-refuge devient ainsi le symbole du **retour à la conscience morale**, où l’on apprend que toute vie a une valeur infinie, même celle qui a blessé.