Moïse institue ici l’un des principes les plus fondamentaux de la Torah : la justice comme pilier de la société et reflet de la sainteté divine. Chaque ville doit établir des juges et des officiers pour garantir une société équilibrée, où la droiture morale et la responsabilité remplacent la corruption et l’arbitraire.
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים תִּתֵּן לְךָ בְּכָל־שְׁעָרֶיךָ
וְשָׁפְטוּ אֶת־הָעָם מִשְׁפַּט־צֶדֶק׃
צֶדֶק צֶדֶק תִּרְדֹּף לְמַעַן תִּחְיֶה וְיָרַשְׁתָּ אֶת־הָאָרֶץ.
Shoftim ve-shotrim titen lekha bekhol she’arekha, ve-shaftu et ha’am mishpat tzedek. Tzedek tzedek tirdof lema’an tiḥye ve-yarashta et ha’aretz.
« Tu établiras des juges et des officiers dans toutes tes villes, et ils jugeront le peuple avec justice droite. Justice, justice tu poursuivras, afin que tu vives et possèdes la terre. »
Le double emploi du mot tsédek (“justice”) exprime une exigence totale : la justice dans les moyens comme dans les fins. Il ne suffit pas d’atteindre un bon résultat — il faut y parvenir par des voies droites. La Torah met ici en garde contre toute instrumentalisation de la justice au service du pouvoir.
Dans la pensée rabbinique, ce verset fonde la responsabilité éthique du juge, mais aussi celle de chaque citoyen. La société juste commence par des consciences droites. Comme le dit le Talmud : “Quiconque établit un juge juste, c’est comme s’il avait établi la Présence divine sur terre.”